Asthä
Prologue
« Le
monde a bien changé » se dit le vieil homme.
Lorsqu’il
était jeune il avait assisté à la mort de son grand-père. Toute la famille
avait veillé pour qu’il ne s’en aille pas seul. Il s’était éteint
tranquillement. Tout le monde avait pleuré. Sa mère s’était senti mal et avait
du sortir prendre l’air. Les hommes étaient restés assez impassibles même si
cela se voyait qu’ils souffraient. Les femmes, elles, n’avaient pas retenu
leurs larmes. Et les quelques petits enfants qui étaient là se demandaient ce
qui s’était passé pour que les adultes soient aussi affligés. Lui, dans son
coin, avait pleuré silencieusement. C’était en 2056.
Maintenant,
c’était à lui de passer de l’autre côté. Allongé sur un lit d’hôpital dans une
pièce vide, le vieil homme pensait. Takama Akira, fils de Takama Tsuneo et
Mizuki, se retrouvait maintenant abandonné. Personne pour l’accompagner en ce
dernier instant de sa vie, personne dans la pièce, personne aux alentours. Même
pas un des nombreux robots-nurse, qui pourtant étaient censé vadrouiller dans
tout l’hôpital. Personne ne devait penser à lui en ce moment. Une larme perla
sur la joue ridée du vieil homme.
Dans
ce monde-ci, la seule personne à qui chacun pensait était soi-même, les autres
ne comptaient pas. Allez donc leur demander de venir lui dire adieu ! Même
son fils unique, Ishitaka, n’avait pas daigné passer. Akira lui avait pourtant
consacré toute sa vie. S’il s’était battu, c’était pour lui. S’il avait passé
des pactes avec les personnes les moins nettes du moment, c’était pour lui.
S’il avait commis quelques actes ignobles, c’était pour lui. Toute sa vie pour
lui. Et pas un remerciement. Le vieil homme soupira. La vie d’Ishitaka allait
être sombre. Cet homme de 45 ans qui était son fils promettait d’être pire que
ses contemporains, de les dépasser dans la cruauté et la recherche du profit,
sans tenir compte du bien–être des autres.
« Le
monde a trop changé en mal. Fasse le ciel que Asthä soit le havre de paix des
justes qui subsistent en ce monde. »
Lorsque
Akira n’était encore qu’un enfant, en 2030, on essayait de se persuader que
« Le vingt-et-unième siècle serait vert ou ne serait pas. » Il avait
été tout, sauf vert. L’effet de serre, déjà important au début du siècle, avait
augmenté de façon spectaculaire tout au long du siècle. La quantité en dioxyde
de carbone était montée en flèche ; le sol, les océans, les forêts, au
lieu de fournir du dioxygène, avait fourni une quantité incroyable de dioxyde
de carbone, ce qui avait renforcé les effets de serre. L’Amazonie était devenue
un désert total en 2070, trente ans plus tôt que la date prévue au début du
siècle. Le niveau de la mer avait augmenté de six mètres en cinquante ans et
une partie du Japon était maintenant sous les flots. Il n’était pas rare de
voir le toit d’une maison dépasser de la surface et de nombreux bateaux avaient
coulé, suite à une collision avec ces nouveaux « récifs ». La
pollution avait atteint un stade critique et le point de non-retour avait été
franchi depuis quelques années. Les actions écologistes avaient cessé depuis
longtemps : il ne servait plus à rien de tenter quoi que ce soit pour
sauver la planète. Les enfants de la Terre avaient causé sa perte et cette
dernière agonisait lentement…
Une
ombre passa dans le couloir. Le vieil homme tourna la tête. Ishitaka ?
Non. Un robot-nurse. Il ne viendrait pas, il ne servait à rien d’attendre. Il
devait de plus être occupé. Il restait tant de chose à faire pour achever la
Néo-Expédit…
La Néo… Toute une histoire… Une histoire commencée en
2005. Akira n’était entré dans l’histoire qu’en 2072 mais Ithman lui avait
conté tellement de fois ce qui s’était passé…
Akira ferma les yeux pour mieux se souvenir.
***
2005.
Les chercheurs se penchent sérieusement sur l’avenir de la race humaine. Peu
brillant, d’ailleurs. Parmi les fléaux qui devaient éliminer la Terre, et par
extension l’espèce humaine, on pouvait retenir la désertification totale de la
Terre, l’explosion du soleil ou encore la rencontre entre la Galaxie Andromède
et la Voie Lactée. Tout un programme. Peu de solutions.
Le
terraformage de Mars avait débuté en 2004 par l’introduction de dioxyde de
carbone pour accroître l’effet de serre et réchauffer la planète. Il durerait
au minimum un ou deux siècles et la colonisation de Mars ne protégerait
nullement l’espèce humaine de l’explosion solaire. Il fallait chercher plus
loin. Trouver une planète plus lointaine… D’une autre galaxie.
2007.
La NASA crée un département ayant pour objectif de trouver cette planète. Ce département, le #0026A, était financé par des groupes
privés, ce qui le rendait assez fragiles et nécessitait des résultats. Les gens
n’aiment pas financer des activités qui ne rapportent rien ou seulement à très
long terme, surtout à cette époque où « le temps, c’est de
l’argent ». Et malheureusement, les résultats se feront attendre.
Né
en 2015 dans une petite ville du Massachusetts, Michael Ithman grandit dans une
famille puritaine. Aîné de cinq frères et sœurs, Ithman acquit très jeune un
grand sens des réalités et des responsabilités. Très concentré sur ses études,
il passe son baccalauréat avec succès et obtient une bourse lui permettant de
poursuivre ses études à l’Université de l’Etat de Washington, David H.
Atkinson, dans les sciences de radiotélégraphie planétaire et
électromagnétique. Eloigné de sa famille, son père au chômage, Ithman ne peut
recevoir d’aide financière de la part de ses parents. Il travaille alors en
tant que professeur particulier pour une jeune fille de vingt-trois ans, Sara.
Sara était la fille d'un astronome réputé de la NASA, John Duke. Les deux
hommes se prirent rapidement d'amitié et Ithman se maria avec Sara en 2040. Il
avait vingt-cinq ans. John promit alors de l'engager à la NASA lorsque Michael
aurait fini ses études. Il intégra le #0026A à vingt-sept ans, en 2042.
Le
destin avait guidé cet homme pour sauver l'humanité.
Ithman
se sentit tout de suite très à l'aise dans ce département. Lui qui, lorsqu'il
n'avait que cinq ans, rêvait de planètes lointaines, de populations
non-humaines, se retrouvait maintenant dans le seul endroit au monde où l'on
recherchait ses anciens rêves. Se moquant des horaires, le jeune homme ne
sortait plus du laboratoire, effectuant des calculs, l'œil rivé au télescope,
ce qui, en passant, ne plaisait pas toujours à Sara.
Les
années passèrent, les recherches de Ithman se limitaient à des déceptions.
L'éclat blanc aux calottes d'une planète ne révélait soudainement plus la
présence de glaciers, l'eau s'évaporait des nouveaux mondes, la végétation
disparaissait dès qu'il y regardait de plus près. Personne ne trouvait rien.
Les planètes découvertes se révélaient toujours inhabitables.
Et
les groupes privés s'impatientèrent.
Et
les groupes privés râlèrent.
Et
les groupes privés arrêtèrent de financer…
Le
21 juin 2067, le #0026A n'en avait plus que pour un mois.
Ithman,
désespéré, s'investit de plus belle, ne se limitant plus aux galaxies les plus
proches mais cherchant plus loin. Jusqu'à maintenant, les recherches avaient
été limitées aux galaxies se trouvant à moins de cent années-lumière car plus
loin, il aurait été impossible de s'y rendre et pourquoi chercher des planètes
inaccessibles ?
A
l'insu de tous ses amis chercheurs qui perdaient tout espoir et abandonnaient,
Michael Ithman chercha dans la galaxie d'Orion. Que de planètes à explorer en
moins d'un mois ! La tâche était dure mais Ithman s'y attela avec l'énergie du
désespoir.
Le
20 juillet 2067, ses efforts trouvèrent enfin leur récompense.
Il
était 15h30. Ithman se disputait au téléphone avec Sara. Depuis quelque temps, leurs
rapports s'étaient considérablement dégradés et Michael commençait à réfléchir
à l'hypothèse d'un divorce. Cette fois-ci, Sara lui reprochait de ne pas avoir
pensé à prendre le courrier. Elle n'attendait rien de particulier mais hurlait
avec autant de hargne que s'il avait oublié leur fils Terry à l'école
maternelle et que leur garçon s'était perdu en voulant rentrer tout seul. Tout
était devenu prétexte à se disputer.
Ithman
n'écoutait que d'une oreille, ne se contentant de répéter à intervalles réguliers
"je suis désolé, chérie" en jouant au solitaire sur son ordinateur.
Ce dernier cri en matière d'informatique n'était pas sensé être utiliser pour
cette activité mais peu importait maintenant. Le lendemain, le #0026A serait
fermé. Rien n'avait plus aucun sens, même plus Sara, hystérique, à l'autre bout
du téléphone. Mon Dieu, comment avait-il pu se marier avec une telle furie ?
Finalement, un tuu-tuu-tuu annonça à Ithman que Sara, à bout de nerf, avait
raccroché. Enfin !
L'homme
se leva, rangea son fauteuil sous le bureau et se rapprocha du télescope. Une
dernière fois avant de partir… Passant presque amoureusement sa main sur le
métal dur et froid, Ithman régla les paramètres et dirigea l'instrument vers un
endroit encore inexploré. On pouvait toujours rêver… Il colla son œil à
l'extrémité et se perdit dans l'espace. La vision de cet infini réveillait
toujours en lui une impression indéfinissable. Il se sentait bien, faisait
jouer le zoom, s'arrêtant sur un point moins brillant que les autres, cherchant
une planète. Tout se faisait automatiquement, il ne réfléchissait pas. Sa
montre sonna seize heures, il ne s'en inquiéta pas. Il était perdu dans les
étoiles.
Les
points blancs, étincelants, brillants, et les météorites occupaient le velours
noir de l'espace. Mais un point n'était pas un météorite, il ne brillait pas,
il n'étincelait pas, il n'était pas blanc. Il était bleu. Une planète. Bleue.
Le cœur de Ithman manqua un coup puis reparti au galop. Réglant le télescope au
maximum, Ithman nota les coordonnées de ce nouvel espoir.
Une
heure plus tard, la planète était prise en photo sous plusieurs coutures,
examinée par d'autres chercheurs recrutés par Ithman. L'équipe était en
effervescence. Une planète était trouvée ! Une planète bleue, occupée par la
mer ! Le #0026A ne serait peut-être pas fermé. Mais les dirigeants ne voulurent
rien entendre, il était trop tard. Les groupes privés ne furent pas mis au
courant. Ithman pesta. Que d'efforts pour rien… Si seulement… Si seulement il
pouvait continuer les recherches seul, récolter énormément d'informations et
puis après… les présenter à des groupes scientifiques, relancer le projet !
Impossible évidemment.
Et
puis… Pourquoi pas ? Qui ne tente rien n'a rien dit-on. Alors… autant essayer.
Ithman prit sa résolution.
L'Amérique
n'était pas faite pour lui, il le savait depuis longtemps. Où aller alors ? Un
pays avancé technologiquement. Le Japon ? Pourquoi pas. Au moins, Sara n'y
serait pas…
***
"Les
passagers du vol 1312 à destination de Tokyo sont priés d'embarquer immédiatement.
The passengers of the
flight 1312…" Michael venait de présenter son billet à
l'hôtesse et parcourait le couloir d'embarquement, entouré de plusieurs
voyageurs aux visages ternes, joyeux, impatients ou encore anxieux. Il serrait
précieusement sa mallette contre lui, comme s'il avait peur qu'elle disparaisse.
A l'intérieur, il avait rangé toutes les informations concernant la nouvelle
planète sans nom. Cela faisait à peine un mois qu'il l'avait découvert mais on
aurait dit que cela datait de la veille, tout s'était passé tellement vite.
Ayant
pris la décision de partir, Ithman, aidé de ses collègues, avait analysé la planète
sous toutes les coutures : orientation, cycles, taille, durée de la journée,
satellites… Tout ! Il était prêt à affronter les scientifiques qu'ils
rencontreraient. Il faudrait les motiver, les convaincre que son projet valait
la peine d'être tenté. Il fallait réussir, il quittait tout pour ça. Il ne
pouvait pas, il ne devait pas, échouer.
Là-bas,
il ne connaissait pratiquement personne. Quelques collègues rencontrés au
hasard d'une conférence, rien de bien sérieux.
Il
avait trouvé sur la toile du web une famille qui acceptait de lui louer une chambre.
Restait à s'intégrer dans la société et mener à terme son projet. Aller sur
cette planète, la coloniser et qui sait ? peut-être y avait-il là-bas des êtres
doués d'intelligence. Cette planète était la Première planète habitable
découverte par les hommes. S'il y avait, là-bas, des êtres vivants, quelle
découverte fantastique ça serait ! Voilà quel était le projet de Michael Ithman
: aller sur cette planète et que l'humanité recommence afin de ne pas
renouveler ses erreurs du passé. Peut-être ne verrait-il jamais l'issue de ce
projet, peut-être aurait-il quitté ce monde avant qu'on ne puisse y aller.
Mais, au moins, il aurait aidé l'humanité…
Michael
s'assit dans le siège confortable, posa la mallette à ses pieds, attacha sa
ceinture, mit les écouteurs qui diffusaient en permanence de la musique et
s'endormit. Il rêva.
Lorsqu'il
se réveilla, il ne se souvenait pas parfaitement de son rêve mais il savait
qu'il avait rêvé de sa planète et il savait qu'elle était belle. Dans son rêve,
c'était le futur et les gens allaient sur cette planète. Cette planète qui
s'appellerait Asthä.
Et
il savait que tout se passerait bien.
***
La
vie de Ithman fut bien remplie. Nous étions en 2067 lorsqu'il atterrissait au Japon
pour commencer une nouvelle vie. A partir de cette date et jusqu'en 2072, il
recueillit une quantité d'encouragements et d'accords pour son projet. Les
éminents groupes scientifiques du Japon et de plusieurs autres pays le
soutenaient. La NASA, elle qui l'avait rejeté, s'y intéressait et promit de lui
apporter son aide. En 2072, Michael Ithman créa Alida.
Alida
était une firme aérospatiale qui avait pour objectif l'étude de Asthä et la recherche
de technologies qui la rendraient accessibles. Asthä resta inconnue du grand public
pour de multiples raisons : la peur de l'échec, l'attente d'une confirmation.
On ne savait toujours pas si Asthä était habitable…
Michael
Ithman mourut le 26 décembre 2085 à soixante-dix ans, laissant la direction
d'Alida à son meilleur ami, Akira Takama. Lorsqu'il mourut, il ne savait pas
que, trois mois plus tard, les chercheurs d'Alida découvriraient le secret
d'une vitesse supérieure à la lumière.
La
vitesse de la lumière était, jusqu'à 2086, la vitesse la plus élevée possible
connue. En effet, la lumière n'était pas véritablement constituée de matière et
cette même lumière circulait dans le vide, là où peu d'obstacles barrait sa
route. La vitesse la plus rapide était de toute évidence la vitesse d'un grain
de matière infiniment petit, ne pesant rien ou si peu, dans le vide. Toutes
sortes de théories sur une vitesse supérieure à la lumière avaient fleuri
depuis plus d'un siècle. Aucune ne s'était révélée exacte. Jusqu'à cette date.
Excepté
les quelques scientifiques qui travaillaient sur cette vitesse supra-luminique,
peu de personnes comprirent le comment de cette vitesse. Beaucoup se moquèrent
ou dénigrèrent ce qu'ils considéraient comme une invention destinée à récolter
plus de fonds. Mais la Vitesse Supra-Luminique, baptisée la VSL, existait
effectivement. La théorie de cette VSL étant trop compliquée pour le commun des
mortels, l'auteur n'a pas jugé utile de vous l'expliquer.
Le
fait est que, dès que la VSL fut découverte, Asthä était désormais accessible.
La planète se trouvait à 240 années-lumière de la Terre et la VSL atteignait
100 fois la vitesse de la lumière. Il faudrait donc un peu plus d'un an pour
atteindre cette planète se trouvant à 2 280 000 milliards de kilomètres. Mais beaucoup
de problèmes demeuraient.
La
théorie de la VSL était connue mais pas la "pratique". Il fallait
maintenant construire un moteur capable de supporter et d'engendrer cette
vitesse. En 2091, Alida avait créé ce
moteur et se préparait à lancer une sonde vers Asthä.
Cette
sonde, porteuse de tous les espoirs des chercheurs, mettrait deux ans à revenir.
Elle devait rester une semaine en orbite autour de la planète et prendre le
maximum de photos afin de préparer une expédition sur la planète.
La
sonde revint à la fin de l'année 2093 et apportait une mine d'informations. Asthä
était couverte de végétation ! De plus, le temps passé autour de la planète
avait permit à la sonde de faire une analyse d'air des couches supérieures de
l'atmosphère et les analyses avaient permis de détecter une présence suffisante
d'oxygène. Asthä était habitable !
Grâce
à ces nouvelles, Alida prit de l'importance et de nouveaux fonds affluèrent.
Malgré toutes ces heureuses nouvelles, Takama n'avait pas jugé prudent de
diffuser l'information hors du monde scientifique. En effet, Asthä était plus
petite que la Terre et les candidats à la colonisation seraient choisis avec
soin. Il fallait éviter un trop grand enthousiasme de la part des Terriens. Les
raisons étaient plus politiques qu'autres. Les personnes haut placées ne
voulaient pas perdre l'appui de tous ceux qui n'auraient pu partir. Le peuple
resta donc dans l'ignorance.
Pendant
les deux années au cours desquelles la sonde voyageait, les plans d'une fusée
furent dessinés en prévision du succès de l'expédition. L'Expédit, du nom d'un
saint réalisant les souhaits, fut terminée en 2104. Il avait fallu onze ans
pour la construire.
Le
22 août 2104, par une belle après-midi d'été, Alida vécu sa plus grosse déception
depuis sa création. Après soixante-cinq secondes de vol, l'Expédit explosait.
Ce vol n'était qu'un vol d'essai, la fusée devant revenir après avoir testé la
VSL, et peu de personnes moururent donc dans l'accident. Mais le problème
demeurait : la fusée n'avait pas résisté à la formidable pression exercée par
le moteur. On devait recommencer.
Maintenant,
la nouvelle fusée, la Néo-Expédit, venait d'effectuer son vol d'essai. Quelques
avaries mineures devaient être réparées. Mais tout s'était bien passé et la
véritable expédition commencerait en juin. En juin 2106.
Akira
Takama ne verrait jamais le départ. Il le savait. Depuis trois mois, il avait
laissé sa place à Ishitaka et son fils était maintenant président d'une des
plus importantes firmes aérospatiales de la Terre. C'était sur lui que tout
reposerait maintenant.
Fasse
le Ciel que tout se passe bien.
***
Le
vieil homme ne rouvrit jamais les yeux. Seul, étendu sur son lit d'hôpital,
Akira Takama mourut à soixante-dix d'un cancer foudroyant. Nous étions le 5 décembre
2105.
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